Retour du débat sur la « réparation » des « Biens revendiqués par les Juifs marocains »

Retour du débat sur la « réparation » des « Biens revendiqués par les Juifs marocains »

Anis El Okbani et Irina Tsukerman

16 Mars, 2021

Image: “Adventure Travel Iran Morocco” by Traveloscopy is licensed under CC BY-ND 2.0

Ce n’est qu’un débat ou plutôt un retour du débat. Une des retombées, encore au stade médiatique, de la reprise des relations entre le Maroc et Israël.

Et déjà, un vent de panique chez les maires islamistes

Mais pas qu’eux seuls ! Nous confie une source proche des barons de l’immobilier.

Les principaux  partis  qui risquent d’être interpelés par ce brulant dossier, sont, à des niveaux de responsabilités différents, le PAM, l’Istiqlal, le PJD, le RNI, le MP et le PPS. En somme, toute la classe politique marocaine, en charge de la gestion des affaires publiques, sur une longue durée. Les cimentiers n’échappent pas à  cette controverse.

Les grandes villes : Casablanca, Rabat, Fès, Tanger, Marrakech, Agadir, Salé, Kenitra… ont en commun d’avoir un Conseil de la ville dirigé par le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) et des lieux de résidences et activités des juifs marocains, ayant émigré volontairement ou ont été « expulsés » sous la contrainte. La qualification de la situation relève de la compétence des tribunaux .

Mais, souvenez-vous, lors des communales de 2009, le Parti authenticité et modernité (PAM) était sorti vainqueur, talonné par le Parti de l’Istiqlal (PI), tandis que le Parti de la justice et du développement (PJD) aujourd’hui au gouvernement n’était arrivé que loin dans la liste. 

La perception de la menace juive

La perception de la menace juive dans  le dossier dit de « Biens Juifs spoliés »  est rappelée dans deux journaux, l’un marocain réputé proche du Makhzen et l’autre, se définit comme «admirateur de l’État d’Israël ». 

C’est rare, pour être signalé, de trouver l’ombre du makhzen et Israël, planer sur même dossier . Quoique ces derniers temps, la mode dans les milieux politiques, est de se rappeler la gentillesse et les affaires avec le voisin juif, parti un matin, avant le lever du soleil, en terre promise. Aliyah oblige !

Cependant, une question se pose : qu’est devenue la maison de ce voisin juif. Et que sont devenus ses biens ?  Ce n’est qu’un exemple. Nos sources redoutent l’effet domino d’une « opération » dont les contours restent encore flous.

C’est la face cachée du vaste débat, après la reprise des relations entre le Maroc et Israël. Certains analystes vont jusqu’à prétendre que c’est une des raisons de la haine des Israéliens et de l’opposition à toute tentative de normalisation avec l’Etat d’Israël. Certains groupes redoutent cette sorte «  Aliyah, à l’envers », ajoute ironiquement notre source !

Ce n’est qu’une question de temps 

Certaines personnalités américaines ou marocaines intéressées, dans le cadre de leur mission au sein d’organisations communautaires juives, par ce débat estiment que la récupération des juifs marocains de leurs « biens » n’est qu’une question de temps . dont acte.

Lorsque la nouvelle est tombée, ces derniers temps, « les milieux »  se sont dit comme tout le monde dans les milieux huppés de Rabat: encore un scandale en perspective! Les juifs vont demander la récupération de leurs propriétés. Les ennuis se profilent.

« Les pouvoirs publics doivent se mobiliser », lance cette source juive.

Signe d’une grande fébrilité, un ministre, connu par son « antisionisme » du temps de  son activisme au sein de l’organisation de la jeunesse islamiste de son parti, vient d’ailleurs de prendre des contacts informels avec une personnalité bien introduite en Israël. Sa ville est concernée.

D’ailleurs aucun coin du Maroc, n’échappera à cette affaire. Les juifs ont des racines anciennes, à côté des Amazighes, bien avant l’arrivée des arabes, partout dans leur pays, le Maroc !

Une bombe à retardement !

Le risque : Une mauvaise appréciation du dossier et son exploitation politique, en cette année électorale. Surtout que l’encre de la signature de la « normalisation », en fait, de l’accord de reprise des relations avec Israël, signé par Saad Dine El Otmani, secrétaire du parti islamiste (PJD), chef du gouvernement marocain, n’a pas encore séché. L’opération n’est encore qu’au stade de simples bureaux de liaison.

L’heure de rouvrir le dossier « des Biens Juifs » a-t-elle sonné ?

D’après plusieurs sources, des discussions ont été lancées pour trouver une solution négociée avec le Makhzen. Et selon nos informations, le Club des magnats de l’immobilier a été alerté.

Affaire à suivre !