Les énergies renouvelables au Maroc

Les énergie renouvelables au Maroc, un nouvel élan pour relancer l’économie nationale

Réalisé par Solaimane Lbakassi

May 7, 2021

Les politiques énergétiques au Maroc ont connu des développements et réformes majeurs au cours des dernières années, cet intérêt croissant est dû à plusieurs facteurs stratégiques qui continuent à avoir des effets colossaux sur les indices économiques et sociaux du pays. Revenons en arrière pour comprendre pourquoi le Maroc mise davantage sur l’importance de bâtir son économie sur les énergies vertes.

Le début de la troisième millénaire nous dévoile de nouveaux rebondissements, une croissance mondiale importante dans l’Est (Chine, Inde, Taiwan, Corée du Sud…) qui favorise la consommation mondiale en matière de l’énergie fossile (Pétrole, Gaz…), c’est une aubaine pour les producteurs et une mauvaise information pour les consommateurs. Dans ce cadre incertain, les prix du Pétrole flambent et cette bulle de prospérité encourage les producteurs à injecter des investissements inattendus dans un but de développer cette industrie onéreuse et profitable.

Un contexte soudain, qui accentue les disparités entre les économies mondiales, puisque les pays producteurs absorbent et collectent une part importante de la richesse mondiale (Les réserves en devise s’explosent et augmentent dans les pays du Golf), par contre les pays consommateurs continuent à payer la facture qui ne cesse pas d’augmenter. Durant cette période de transition entre la fin de la crise financière et immobilière en occident et la montée en flèche de l’économie chinoise (+10%), il ‘y avait une tendance mondiale qui traçait un autre chemin, celui qui vise à trouver d’autres alternatives pour amoindrir le coût des énergies polluantes et, également, donner un espoir aux pays incapables de subvenir à leurs besoins énergétique, vu que la facture énergétique impacte les réserves en devise.

Un tournant que le Maroc se doit de réussir car les enjeux sont importants, mais les questions se posent, comment faire ? Le secteur de l’énergie au Maroc est quasiment dominé par les énergies fossiles, la part des énergies vertes est timide et, les énergies fossiles (Pétrole, Gaz…) presque entièrement importées, qui couvrent 88,7 % de la consommation d’énergie primaire du pays en 2018.

Depuis l’intronisation de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc a bien changé sa stratégie de gouvernance et de relations extérieurs, une vision perspicace qui met en relief la valorisation des secteurs économiques, sociaux et culturels. Certes les préoccupations sont énormes mais la volonté royale de rompre avec les systèmes de gestion  anciens de gouvernance est bel et bien sur les rails.

Cette ambition grandiose de positionner le royaume parmi les économies qui enregistrent un taux de croissance considérable est toujours conditionnée par l’effritement des réserves en devise du Royaume et par un endettement abyssal qui aggrave la notation financière internationale du pays (Fitch Ratings, Moody’s…). En ce moment là, les grandes questions se posent autour des solutions appropriées, un secteur énergétique dominé par les énergies fossiles et le pire est que plus de 80 % de l’énergie est importée, un énorme fardeau pour le pays.

Le 30/07/2007, une date historique pour le Royaume, le Roi adresse un discours historique à la nation, un moment historique :

La problématique de l‘énergie se pose également comme une question fondamentale qu‘il faut aborder dans le cadre d‘une vision prospective. L‘objectif est de garantir la sécurité énergétique de notre pays, de diversifier les sources d‘énergie nationales, par le recours à des énergies alternatives, et d‘en assurer un usage rationnel.“

Extrait du discours de SM Le ROI à l’occasion de la Fête du Trône (30/07/2007)

Le monde est en train de vivre un tournant historique, les émissions de gaz à effet de serre inquiètent la communauté internationale, les pourparlers se multiplient et les accords se ratifient (Kyoto, Paris, Marrakech, Rio de Janeiro), une ruée du jamais vu. Les perspectives sont favorable pour les énergies renouvelables au Maroc ; une position géographique stratégique, et des ressources naturelles, aquatiques considérable ce qui manquait c’est la volonté de rompre avec les modes anciens d’exploitations. 3500 km de côtes maritimes, des périodes d’ensoleillement longues, une zone géographique exposée aux courant maritimes (les vents et la densité).

La scène énergétique mondiale reste dominée par l’inégale répartition des ressources en énergies fossiles dont, c’est le moment pour le Maroc de jouer dans la cour des grands.

A l’instar du tourisme avec l’accord cadre et l’industrie avec le plan émergence, le Royaume lance sa stratégie énergétique nationale horizon 2030, une stratégie prospère saluée par la communauté internationale.

Le Maroc a profité de la tenue de la 10ème assemblée générale de l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA) pour annoncer de nouveaux aménagements dans sa politique énergétique, Le Royaume a ainsi décidé de porter à 42% la part des énergies propres dans le mix électrique d’ici 2021.

Une part qui devra s’élever à 52% d’ici l’horizon 2030. Certes, les indices sont optimistes mais comment parvenir à réaliser ces ambitions ?

Pour y parvenir le Royaume a indiqué qu’il accélérerait la recherche scientifique dans le secteur de l’énergie, un élément vital pour toute relance économique. Afin de contribuer à la mise en place de ses capacités de production, le Maroc envisage de lancer plusieurs projet solaire d’envergure.

Sous l’égide de sa Majesté le Roi et l’Agence Marocaine des Energies Renouvelable (MASEN), on commençait à assister aux premières pierres apportées à l’édifice (Consortiums, financements, partenariats stratégiques, et engagement étatique…), un plan stratégique salué par les organismes internationaux et notamment l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables.

En juillet 2016, Le complexe solaire Noor (Ouarzazate et Midelt), composé de quatre phases de développement, vise à faire du Royaume chérifien un des chefs de file mondial de la production d’énergie solaire. Ce mégaprojet se répartira sur plusieurs phases de développement et permettra de déployer d’ici 2030 une puissance cumulée totale de 1.600 MW grâce à l’utilisation des technologies de production thermodynamiques à concentration et photovoltaïques.

Un autre projet ambitieux est celui du Parc Eolien de Tarfaya, c’est le plus grand parc éolien du Maroc et de l’Afrique.  Ce projet d’énergie renouvelable qui a couté près de 500 millions d’euros a été conduit par le pôle énergie de la société marocaine Nareva en partenariat avec le groupe français GDF-Suez. Par ailleurs, les marocains disposent aussi d’un autre parc éolien se trouvant à Foum el Oued dans le rayon géographique de Laâyoune.

Dans la même foulée, le Maroc et l’Allemagne ont signé à Berlin, un accord relatif au développement du secteur de la production de l’hydrogène vert, il s’agit du projet « Power-to-X ». ‘L’hydrogène propre constitue, désormais, l’une des priorités du Maroc pour sa transition énergétique. Le projet porte sur la réalisation d’une centrale hybride photovoltaïque/éolienne pour alimenter une usine d’hydrogène vert d’une capacité d’électrolyse d’environ 100 mégawatts (MW).

Fort d’une stratégie ambitieuse visant le développement du secteur énergétique d’une valeur de 40 milliards de dollars, le Maroc veut voir plus grand pour mieux se positionner dans le domaine des énergies renouvelables. Actuellement, le Royaume occupe le quatrième rang du prestigieux classement de la performance du changement climatique, derrière la Suède, le Royaume Uni et le Danemark.

La question des énergies renouvelables devient une priorité indiscutable pour le pays, c’est le moment pour les opérateurs publics et privés de s’inscrire dans cette nouvelle stratégie, premièrement, c’est un facteur de diminution de la dépendance énergétique et, deuxièmement, c’est un élément vital à la croissance économique et technologique.

De nouvelles opportunités s’ouvrent aux start-up (Blockchain, Cloud storage…), une nouvelle structure économique, basée sur les nouvelle technologies qui encouragent l’énergie propre est l’exemple phare, c’est la société Américaine Tesla qui a détrôné les grandes sociétés de construction automobile (Volkswagen, Fiat, Toyota…), cette société Américaine mise davantage sur l’électrique et le big data, une nouvelle direction qui pourra être un indice prometteurs pour le Maroc, à condition, d’exploiter dans le bon sens ses ressources naturelles et son capital humain.