La voie Tiznit-Dakhla, un chantier titanesque reliant le Maroc avec l’Afrique

Infrastructure routière : La voie Tiznit-Dakhla, un chantier titanesque reliant le Maroc avec l’Afrique.

Réalisé par : Solaimane Lbakassi 

Morocco

10 Mai 2021

Un projet d’envergure qui est celui de construire cette voie Tiznit-Dakhla, un chantier titanesque qui s’étend sur une superficie énorme. La nouvelle vision du Maroc en Afrique nous oblige à relever les défis au profit du citoyen africain ; c’était la décision du Roi du Maroc lors de son discours adressé aux africains. un projet à dimension panafricaine qui favorise l’union et la libre circulation des marchandises, entre le Maroc, l’Union Européenne et l’Afrique.

Ce projet a fait objet d’une convention de partenariat signée en février 2015 entre trois Ministères (Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Économie et des Finances et Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau) et quatre régions d’un montant de 8,5 milliards de dirhams. C’est l’occasion pour les région du sud d’entrer dans la cour des grands via les avantages attendus de l’accès à plusieurs circuits de transitions nationaux et internationaux.

Avant d’entrer dans les détails de ce projet, comprenons d’abord pourquoi le Maroc investit davantage dans des projets pareils ?

Le Royaume du Maroc est doté d’une position géographique unique entre les itinéraires du commerce international (voie maritime, terrestre et aérienne), il est considéré comme une porte vers l’Afrique (Gateway to Africa). Il est délimité au Nord par le Détroit de Gibraltar et la Mer Méditerranée, au Sud par la Mauritanie, à l’Est par l’Algérie et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. La côte marocaine s’étend sur 3500 km. Une superficie: 710. 850 km2, et deux façades maritimes: Atlantique: 2.934Km, Méditerranéenne: 512Km.

Cette position géographique du Maroc lui accorde un avantage comparatif au niveau international, surtout, après avoir consolidé sa relation avec l’Union Européenne qui est considérée comme le premier partenaire du Royaume. Cet avantage comparatif était également un facteur vital visant la diversification des partenariats économiques avec les zones de libres échanges internationales et, nous citons un exemple phare de ce partenariat historique du Royaume avec les puissances économiques mondiales, il s’agit des Etats Unis d’Amériques (Accord de libre échange en 2001 USA-MOROCCO). Dans cette stratégie de consolidation et de positionnement, le Maroc acquiert une certaine importance entre le Nord et le Sud, cette consolidation renforce ce mouvement géoéconomique mondial intéressé à l’Afrique, une région sous exploitée encore, une région qui regorge de ressources naturelles importantes une région dont la totalité de la population reste encore jeune. Pénétrer  un continent dont les disparités et l’insécurité accablent tout développement (l’insécurité dans le Sahel, Afrique de l’Est, le Nigeria…) risque de rater son pari pour les investisseurs. Pour le Royaume, la théorie du risque-profit est un élément vital pour être pionnier dans ce genre d’investissement, qui tire profit d’une activité doit en supporter les charges.

La montée en puissance économique du royaume alaouite est en effet attestée par ses performances économiques, ses grands projets structurants achevés ou en cours, ainsi que par l’amélioration de ses classements internationaux et la bonne tendance d’ensemble des indicateurs conjoncturels.

Derrière cette montée en puissance économique il y avait une stratégie nationale d’amélioration de l’infrastructure, un levier de croissance indispensable (Ports maritimes, voie expresse, autoroute, aéroports…). Parmi les projets titanesques, celui de Tiznit-Dakhla, Cette voie express a également pour objectifs de réduire la durée des déplacements, éviter les coupures de routes suite aux inondations et à l’ensablement, baisser les charges d’exploitation des véhicules et améliorer les services de logistique au profit des voyageurs et en terme de transport de marchandises. Elle sera composée des tronçons Tiznit-Guelmim, Guelmim-Laâyoune, Laâyoune-Dakhla en passant par Tan Tan, Tarfaya et Boujdour. C’est un levier de croissance pour les régions du sud, une zone caractérisée par une structure géographique aride et semi aride mais également une zone qui est riche par ses richesses naturelles, fossiles et culturelles…

L’achèvement de ce projet sera également un facteur essentiel qui renforce et consolide le partenariat et les relations du Maroc avec ses voisins africains et, surtout, avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, cette dernière est considérée comme une région plus stable et plus prospère par rapport a certaines régions moins sécurisées. A cet égard, ce méga projet va certainement renforcer les liens du Royaume avec sa profondeur africaine et les consolider avec son partenaire européen, sans oublier également que ce genre de projet constitue un avantage comparatif pour le royaume au niveau international visant l’amélioration des indices de sécurité routière nationaux et visant également l’attractivité des investisseurs internationaux et confirmer également l’intégrité territoriale du Royaume.

 

Réalisé par : Solaimane Lbakassi 

Morocco